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Dans son «Modèle d'Efforts de la simultanée», Daniel Gile a bien montré l'importance des ressources attentionnelles. Il postule que l'ensemble des opérations cognitives qui participent à l'interprétation peuvent être regroupées en sous-ensembles ou «efforts» qui dépendent de la gestion de ressources attentionnelles limitées. Ces efforts, qui sont au nombre de quatre (effort de réception, effort de production, effort de mémoire et effort de coordination), se superposent tout au long de l'activité traduisante. Une des tâches essentielle de l'interprète est donc de maintenir un équilibre entre ces efforts afin d'éviter une détérioration de la qualité de l'interprétation (Pointurier 2014: 21-24).

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Christine Durieux montre de façon éclairante quelles sont les principales ruptures épistémiques qui ont marqué la recherche sur l'opération traduisante: «D'abord entre les théories linguistiques et les théories interprétatives, la rupture porte sur la nature du sens et son indépendance par rapport aux significations des unités linguistiques. Ensuite, entre la version initiale de la théorie interprétative de la traduction et la version progressiste, la rupture porte sur la notion clé de déverbalisation. La critique de déverbalisation conduit à réfuter cette notion et à expliquer la construction du sens par un mécanisme inférentiel mettant en oeuvre un raisonnement logique rigoureux. Enfin, en rupture avec ce paradigme formaliste, dans le sillage des sciences cognitives, apparaît un nouveau cadre théorique récusant la toute-puissance de la raison et intégrant l'émotion dans toute activité cognitive» (Durieux 2007: 53).

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Nous faisons référence à des situations humaines particulièrement éprouvantes comme celles qui sont régulièrement évoquées dans le cadre de missions pour la Cour de justice internationale, ou des ONG comme Amnesty International. Beaucoup d'autres cas de figure pourraient être évoqués.

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Pour plus d'éléments sur ces aspects consulter, entre autres, la contribution de Davou (2007).

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L'orature est la mise en forme orale pour la recherche du meilleur effet. Définition que reprend Le Breton (2011: 245).

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Un état émotionnel interne, une grande fatigue ou le stress peuvent avoir un effet sur la respiration, qui doit être diaphragmatique, et la tension musculaire mise en jeu dans la phonation, modifiant de la sorte la sonorité de la voix. En outre, il semble que l'émotion induit des modifications dans le système organique et nerveux, qui participe également à la production de la voix (Révis 2013: 151). Par ailleurs, le stress ou un état générateur d'anxiété chez l'interprète, comme chez tout locuteur, peut induire des changements de vitesse dans l'élocution et engendrer des ruptures de sens ; il peut également se produire une incompatibilité entre l'accentuation de certains mots et leur valeur sémantique en contexte.

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Vid. en ligne.

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Depuis quelques années, l'utilisation et la préservation de voix ont fait l'objet de plusieurs formations en France, notamment grâce à l'initiative de l'AIIC et d'écoles comme l'ISIT. Signalons la «Formation à la voix enregistrée et à l'interprétation de télévision», organisée à Strasbourg en juin 2003 par l'AIIC, et «Protéger et développer le potentiel de sa voix», formations organisée par l'ISIT le 28 juin 2018.

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