Selecciona una palabra y presiona la tecla d para obtener su definición.
 

11

Toujours en 1860, le Duque de Rivas accuse le roman-feuilleton français mais aussi autochtone d'avoir semé les «principes corrupteurs» du socialisme et de la révolution: «¡De cuántas iniquidades no podría hacerse responsable a los novelistas franceses! [...] ¿quién infiltró en las masas los deletéreos principios del socialismo y de la democracia que estallaron como la lava de los volcanes en medio de la Revolución del 48?» (Rivas, 1860, pp. 15-16).

 

12

Patricio de la Escosura, à l'origine du roman El Patriarca del Valle (1846 ou 1847) est un des auteurs «bien-pensants» et orthodoxes cités par le Père Blanco García dans la Colección de novelas históricas originales españolas publiée à Madrid, dès 1833, par l'éditeur Repullés (Blanco García, 1909, t. I, p. 353). Escosura défend dans ce roman la thèse contraire à celle qui est diffusée à l'époque par des écrivains comme Ayguals de Izco: la religion est le seul remède aux problèmes sociaux, la tolérance des cultes est dangereuse, le libéralisme est à l'origine des désordres révolutionnaires qui agitent l'Espagne. Cette œuvre encore imprégnée de romantisme est un exemple éclairant d'adaptation des ingrédients narratifs du feuilleton au roman édifiant: «[...] los críticos han destacado en El Patriarca del Valle dos de las características de la novela postromántica: la primera, que la realidad contemporánea se convierte en materia novelesca; la segunda, que los medios técnicos son los propios del folletín [...]. Escosura no sólo nacionaliza los moldes narrativos de Sue, al servirse de ellos para reflejar la España del XIX, sino que incluso los pone al servicio de una ideología de distinto signo [...]. En conclusión, en la novela de Escosura, conviven el relato histórico, la pintura de la sociedad, la defensa de unas tesis conservadoras y católicas y el desarrollo de intrincadas aventuras y peripecias folletinescas» (Ferraz, 1992, p. 985).

 

13

Il s'agit d'auteurs comme Martínez Villergas avec Los Misterios de Madrid (1844-45), Alejandro Román auteur d'un ouvrage violemment anti-jésuite, Secretos, intrigas y misterios de los conventos, Agustín de Letamendi, Ayguals de Izco et d'autres encore anathémisés dans la très catholique revue La Censura (1844-1853).

 

14

Dans son excellente étude sur La novela contemporánea del siglo XIX anterior a Galdós (De la Guerra de la Independencia a la Revolución de Julio) (1992), Antonio Ferraz Martínez a mis en évidence l'intérêt d'œuvres profondément réactionnaires comme celle du carliste José Mariano Riera y Comas très marquées par l'idéologie traditionaliste d'écrivains et penseurs du XVIIIe siècle: l'abbé Barruel et son ouvrage Mémoires pour servir l'histoire du jacobinisme (1757-1798), le jésuite italien L. Mozzi auteur de Projets des incrédules pour la ruine de la religion (1791) sans oublier le Père Rafael de Vélez et son ouvrage célèbre Apologie de l'Autel et du Trône (1818). La pensée contre-révolutionnaire et la mythologie réactionnaire qu'elle véhicule imprègnent la majorité des romans historiques contemporains publiés par des romanciers catholiques du XIXe siècle. Très marqué par les événements de 1835, le groupe d'écrivains catholiques catalans comme José Nicasio Milà de la Roca, Antonio de Bofarull y Brocá, Torcuato Tárrago y Mateos, José Pallés ou encore Fernando Patxot mettent en scène dans leurs romans les exactions révolutionnaires des sectes étrangères (franc-maçons, carbonari et protestants) et des libéraux espagnols. La thèse défendue est toujours la même: l'histoire n'est qu'un éternel combat entre le Bien (la religión catholique) et le Mal (l'hydre révolutionnaire) et la conspiration universelle des sectes est destinée à détruire la très catholique nation espagnole. Cette adaptation aux circonstances espagnoles du mythe réactionnaire se retrouve dans l'œuvre des romanciers carlistes: Ceferino Suárez Bravo, Francisco Hernando et Jorge de Pinares.

 

15

En 1845, Navarro Villoslada déclare vouloir élaborer un contre-roman afin «de prouver que l'égalité sociale est une utopie [...], que seul le catholicisme peut apporter une réponse aux conflits sociaux et à la détresse des classes défavorisées en encourageant la foi et l'esprit chrétien». La finalité de El Antecristo est déjà contenue dans le titre: cet antéchrist est l'incarnation de l'erreur, de l'apostasie et de l'hérésie sous toutes leurs formes. C'est aussi la représentation d'un personnage satanique, membre d'une secte et dont le seul objectif est de détruire l'Église. Villoslada réutilise les techniques du roman-feuilleton et le schéma dualiste en inversant la perspective: le personnage de Ezequiel Widergott, banquier juif qui incarne tous les «vices» de la race, est une réplique des personnages anticléricaux qui peuplent le Juif Errant de Sue.

 

16

Dans son étude sur la littérature anticléricale et le roman historique du XIXe siècle, Ferraz Martínez fait état des Escritos póstumos (1850) de Jaime Balmes dans lesquels furent publiés des fragments de son roman, Un monje y un proscripto, et cite les propos d'un biographe de l'ecclésiastique catalan, García de los Santos, concernant l'élaboration de cette œuvre: «Para concluir, digamos que según García de los Santos, la actitud de Balmes ante la novela fue ambivalente, pues si, por una parte, deseaba escribir una obra de esa naturaleza, por otra se mostraba receloso» (Ferraz Martínez, 1992, p. 962).

 

17

Auteur de nombreux articles publiés dans le journal néo-catholique El Pensamiento Español dans lesquels il dénonçait les méfaits du roman, Francisco de Asís Aguilar produisit une œuvre intitulée ¿De qué sirven las monjas? (1868), apologie des ordres religieux et qui était présentée très prudemment par cet ecclésiastique dans les termes suivants: «Este folletín no es historia ni novela pero participa de las dos cosas». Quant au piariste Pedro Salgado, auteur du roman publié en 1863 sous le titre Alfredo o la unidad católica de España, il ne cache pas que cette œuvre est un prétexte pour faire passer un discours politique et religieux. Dans le prologue, l'exigence moralisante qui est affirmée l'amène en outre à dévaloriser la production romanesque.

 

18

Antonio de Valbuena (1844-1929), écrivain et politicien carliste qui adhère aux positions intégristes de Cándido Nocedal et rentre dans la rédaction de El Siglo Futuro en 1885 est l'auteur de contes publiés dans ce journal et dans El Imparcial de 1879 à 1881 et de plusieurs romans: Capullos de novela (1891), Novelas menores (1895), Agua turbia (1899), Rebojos (1901) et Parábolas (1903). Dans plusieurs essais sur la littérature de son époque, Agridulces políticos y literarios (1892 et 1893), il préconise la production de romans catholiques et édifiants qui concilient «la enseñanza y el deleite» et fait un vibrant éloge d'écrivains comme Navarro Villoslada et José María de Pereda qui ont su «christianiser le genre».

 

19

Il peut être intéressant de remarquer qu'Alejandro Pidal y Mon, dans son discours sur Luis Coloma devant la Real Academia, note que ce dernier révèle déjà dans certains récits et romans courts inclus dans les Lecturas Recreativas de 1887 un «naturalismo al revés». Il cite particulièrement: «Los cuadros del natural», comme Ranoque où, dit-il, Coloma n'a pas hésité à dépeindre «rasgos tan verdaderos como repugnantes y odiosos a toda sensibilidad si no la fascinara el sublime que brilla en medio de aquel horror» (Pidal, 1908, p. 52).