Selecciona una palabra y presiona la tecla d para obtener su definición.
 

1

Juan Ignacio Ferreras résume de façon éclairante l'attitude des secteurs les plus conservateurs et pour ne pas dire réactionnaires de la société du début du siècle en ce qui concerne les œuvres littéraires de fiction: «La novela, como vehículo de ideologías opuesto al poder, es normal que sea prohibida por los defensores del orden establecido, pero el caso es más grave si se considera que toda novela, por el hecho de serlo, sin vehicular ideologías de ninguna especie, queda automáticamente catalogada como sospechosa. La razón de todo esto reside, creo, en la esencia novelesca misma: toda novela es la materialización de las relaciones entre un individuo y un universo; es así la expresión de un individualismo y el intento de racionalización de un universo» (Ferreras, 1973, p. 28).

 

2

Le Père Blanco García mentionne l'existence de quelques bibliothèques et collections de romans dans lesquelles figurent ouvrages de veine morale dans les années 1818-1820. Il s'agit pour la plupart de romans traduits comme ceux de Madame Cottin et Madame Genlis mais il y a aussi quelques romans autochtones comme ceux du Père Natalio Delgado, Virtud perdida por el vicio... (1806) et ceux du Père Pascual Pérez. J. I. Ferreras, qui cite les collections de Pedro María Olive, Biblioteca Universal de novelas, cuentos e historias (1816-1819) et de l'éditeur Cabrerizo à Valence, Colección de novelas (1818), estime que cette production assez significative représente près de 150 auteurs et de 200 ouvrages pour la période qui s'étend de la fin du XVIIIe à 1834. Il faut attendre les années 1833-1834 pour que se manifeste la présence plus dense d'une littérature romanesque nationale.

 

3

Il est symptomatique que des revues catholiques comme La Hormiga de Oro distillent a la fin du siècle une vision paternaliste et dévalorisante de l'homme, qui privé du support de la religion est capable des pires choix surtout en matière de lectures: «Sin el freno de la religión, el hombre es una bestia que sólo se distingue de los cuadrúpedos en la facultad de negar, y por eso dentro de su cuerpo palpita la fiera que le induce a confundir la palabra humana con el rugido» (La Hormiga de Oro, 31/VIII/1892, p. 326).

 

4

Une multiplicité d'ouvrages pseudo-scientifiques publiés au cours du XIXe siècle constituent une source d'inspiration pour les doctrinaires chrétiens. Malgré leur méfiance à l'égard des sciences modernes et des théories positivistes, ils y puisent de nouveaux arguments pour condamner la littérature de fiction. Certains de ces ouvrages traduits du français ou rédigés par des médecins catholiques espagnols sont: La médecine des passions (1840) de Descuret, La santé des gens de lettres (1845) de Tissot, le Tratado teórico-práctico de medicina legal y toxicología (1903) de Pedro Mata. Antolín López Peláez, qui consacre de nombreuses pages à la description des effets nocifs de la lecture de romans sur les femmes, étaye sa démonstration avec des arguments tirés de l'ouvrage de Ángel Pulido Fernández, Bosquejos médico-sociales para la mujer (1885). Il s'agit de démontrer les dangers de l'imagination et de la sensibilité particulièrement développées chez les femmes: encouragées par la lecture de romans, ces faiblesses constitutionnelles peuvent conduire à l'hystérie, la rêverie mélancolique, la folie.

 

5

Valentín Gómez tient le même langage dans ses articles consacrés au roman: «Hay novelas que, abundando demasiado en fantasía, excitan poderosamente la imaginación de los lectores, llevándoles a confundir el mundo real con el ideal, o a que se les haga insufrible la vida en el primero, después de haberse acostumbrado al segundo» (La Ilustración Católica, 3/II/1878, p. 35).

 

6

Dans une série d'articles intitulés «Realismo galdosiano», l'augustin Conrado Muiños Saenz critique chez Galdós «son incomplète connaissance de l'âme humaine, l'indécision et le flou moral de ses personnages» et il affirme «porque yo creo que hay algo fijo y eterno en literatura, como en filosofia, como en todo, que no depende de las circunstancias de lugar y tiempo» (La Hormiga de Oro, IV, 1890, p. 389).

 

7

«El saber demasiado nos llevaría a incurrir en el mismo pecado que nuestros primeros padres en el paraíso» (Roca y Cornet, 1847, p. 32).

 

8

Marie-Claude Lécuyer et Maryse Villapadierna signalent dans leur étude sur Génesis y desarrollo del folletín en la prensa española que la publication de feuilletons commence dans la presse espagnole comme El Eco del Comercio, El Correo Nacional et le Diario de Madrid dans les années 1838-1840: «Ya a principios de los años 1840, la mayoría de los folletines de los diarios madrileños son novelas -generalmente traducidas de autores franceses, Balzac, Delavigne, Dumas, Gauthier, Karr, Sand, Soulié, Souvestre, etc. [...]- cuya publicación puede extenderse sobre varios días, meses y hasta años, tal «El judío errante» publicado por El Eco del Comercio de 1844 a 1845» (Lécuyer, Villapadierna, 1995, p. 19). En ce qui concerne revues et journaux catholiques, des périodiques comme le Diario de Barcelona, journal catholique et conservateur de Barcelone, publie régulièrement, dès 1842, feuilletons et romans en plusieurs livraisons, dans la «sección recreativa». Il s'agit, du moins au début, surtout de traductions des romans de Dickens, Scott, Daudet et même Gogol. Quant à El Español, dirigé par Andrés Borrego et qui est une publication éminemment orthodoxe, il ouvre ses colonnes en 1845 à contrecœur mais poussé par des raisons commerciales aux feuilletons étrangers de Sue et Dumas. Des feuilletons de Navarro Villoslada (El Antecristo) et de Gabino Tejado coexistent avec ces productions étrangères (Castro, Romanticismo, periodismo, política. Andrés Borrego, 1975, p. 227). Afin de mesurer le succès et l'impact des feuilletons comme ceux de Eugène Sue (1804-1857), «grand prêtre de l'anticléricalisme», il peut être intéressant de remarquer que Le juif errant, publié en 1842-1843 dans Le Journal des débats, et Les mystères de Paris, qui paraissent dans Le Constitutionnel en 1844 connaissent un succès foudroyant: en deux ans, Les mystères de Paris sont diffusés à 60000 exemplaires (Pierrard, 1984, p. 204). Ces œuvres sont immédiatement traduites en Espagne: entre 1842 et 1845, Les mystères de Paris sont réédités, sous forme de livre, onze fois; en ce qui concerne Le juif errant, douze éditions paraissent entre 1844 et 1846 (Mata Induráin, 1995, p. 130).

 

9

Observateur averti de son époque et certainement un des journalistes et écrivains catholiques les plus conscients des transformations sociologiques en matière d'imprimé et de lecture, López Peláez souligne dans plusieurs ouvrages la plus grande perméabilité sociale de la deuxième moitié du XIXe siècle qui explique en partie l'engouement de nouveaux publics pour le roman. Il reconnaît en dépit du faible taux d'alphabétisation et du prix élevé des livres que certains progrès techniques qui affectent la fabrication et la diffusion de l'imprimé constituent une véritable «révolution» en matière de communication sociale. Certains de ces ouvrages sont La censura eclesiástica (1904), Quien sepa escribir, escriba (1901) et bien sûr Los daños del libro (1905), chapitres VIII et XIV en particulier.

 

10

En France, dès les années 1824, la Société Catholique des Bons Livres avait mis en place un ambitieux programme d'édition populaire. Mais c'est surtout dans les années 1830 que l'Église française impulse ce genre d'initiatives afin de reconquérir l'opinion et reprendre en main l'éducation du peuple catholique (Richter, 1996, p. 21). Ce sont en 1833 l'Œuvre des Bons Livres du diocèse de Toulouse, la Bibliothèque Catholique de Lefort à Lille en 1842: il s'agit de freiner les effets «des lectures déplorables» car le «mal a envahi tous les âges et toutes les conditions» (Bibliographie Catholique, 1841-1842, t. II, p. 7). En Espagne, ces initiatives sont plus tardives mais on peut remarquer qu'en 1848 la Librería Religiosa du Père Claret popularise véritablement l'imprimé sous toutes ses formes et abreuve les bibliothèques paroissiales de bonnes lectures».