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À titre d'exemple, voici quelques données chiffrées concernant la production romanesque de ces femmes auteurs les plus en vogue: les romans de Pilar Sinués del Marco comme Amor y llanto (1857), Margarita (1857), Premio y castigo (1857), No hay culpa sin pena (1864) atteignirent plus de cinq rééditions; ceux de Faustina Sáez de Melgar, moins encline au prosélytisme religieux que ses contemporains, connurent un succès indéniable. Citons les plus populaires: Ángela (1865), 4 éditions, El collar de esmeraldas, 4 éditions également, sans oublier Fulvia o los primeros cristianos (1889), fidèle au genre historique et diffusé avec régularité par les éditeurs catholiques. Des romans édifiants à finalité didactique comme Flora o la educación de una niña (1881) de Pilar Pascual de San Juan, et Vivir de amor. Los dos espejos ainsi que Haceldama y Marisantita de Aurora Lista furent réédités jusque dans les décennies du XXe siècle. Nous aurons l'occasion de revenir sur l'œuvre d'une autre romancière catholique, Antonia Rodríguez de Ureta, dont les romans moraux et instructifs, Pacita... (1885), El arrepentimiento (1892) et El difamador (1894) furent réédités de nombreuses fois. Évidemment le cas le plus significatif de succès éditorial est celui de Cecilia Böhl de Faber ou Fernán Caballero dont les romans La familia de Alvareda (1856) et Clemencia (1852), pour ne citer que ceux-là, connurent au moins quinze rééditions.

 

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Dans le premier chapitre de El ángel del hogar, Pilar Sinués regrette que l'accès à l'écriture soit si difficile pour les femmes et que le talent de certaines d'entre elles ne bénéficie pas de la reconnaissance qu'il mérite. Sa défense des «droits féminins» à la création littéraire est cependant très nuancée et prudente: «Muy pocos seres se encuentran que sean defensores del talento de la mujer. Los hombres en general declaman contra él, porque, preciso es confesarlo, su instinto orgulloso y egoista les hace desear que la condición de la mujer sea siempre esclava de la suya, como si el talento de esta débil mitad del género humano pudiese ser nunca gemelo del talento del hombre» (Sinués, 1859, p. 219).

 

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Dans son ouvrage Las Románticas, Susan Kirkpatrick évoque la «Hermandad lírica», et les relations, d'amitié qui unirent Ángela Grassi, Pilar Sinués et Carolina Coronado (Kirkpatrick, 1989, pp. 88-89). Juan Eugenio Hartzenbush fut le protecteur et le mentor d'écrivains comme Carolina Coronado et Ángela Grassi. Cette dernière bénéficia de l'appui du journaliste Vicente Cuenca et des élogieuses recommandations de l'écrivain Ferrer del Río, membre du conseil de rédaction de la revue Crónica de Ambos Mundos: «La Crónica de Ambos Mundos, en cuyo consejo de redacción figuraban sus principales padrinos, esto es Hartzenbush, Ferrer del Río y el periodista Vicente Cuenca, presentaba en el prospecto de 1860 a la Srta Grassi como la única mujer digna de colaborar en el proyecto editorial. Sus folletines estaban escritos en español original; temática, personajes y entorno remitían a nuestro país y además el contenido moral no cuestionaba los fundamentos del orden establecido» (Grassi, 1992, p. 27).

 

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Dans l'abondante production pédagogique de certaines de ces femmes apparaissent souvent des manuels sur l'art épistolaire: Epistolario manual para las señoritas, o modelos de cartas propias para la niña, la joven y la mujer publié pour la première fois en 1877 par l'éditeur Bastinos et avec l'approbation de l'ecclésiastique Francisco Ribas y Servet connut onze éditions. Cet ouvrage collectif inclut la participation de: Ángela Grassi, Pilar Pascual de San Juan, Faustina Sáez de Melgar, Pilar Sinués. En ce qui concerne les extrêmes précautions que devaient prendre les familles chrétiennes en matière de lecture, il peut être opportun de citer la position d'écrivains comme Fernán Caballero et Pilar Sinués qui recommandent l'ignorance plutôt que les connaissances livresques «dangereuses pour le cœur et l'âme»: «[...] es mil veces preferible el que los jóvenes ignoren cosas buenas, a que sepan las malas» (Caballero, 1885, p. 15).

 

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Parmi ses nombreux contes et légendes citons La ley de Dios publié en 1858 avec l'approbation de la censure ecclésiastique. Une dixième édition de cet ouvrage fut publiée en 1911. D'autres ouvrages comme A la luz de una lámpara, cuentos morales (1862), Cuentos de niñas (1883), Cuentos de color de cielo (1867) connurent un vif succès. Tous les ouvrages destinés à la moralisation et à l'édification des femmes, neuf volumes en tout, constituèrent une Biblioteca de Señoritas et furent publiés par l'éditeur Antonio Bastinos

 

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María del Carmen Simón Palmer a mis en évidence dans son étude sur les auteurs femmes espagnols du XIXe siècle les conditions matérielles difficiles et les contraintes sociales auxquelles étaient soumises ces écrivains. Il est en effet étonnant de constater le grand nombre d'entre elles qui souffraient d'un état de santé précaire. Ce fut le cas de Rodríguez de Ureta qui dut renoncer à la publication de La Semana Católica en 1901 pour raisons de santé, Sinués de Marco et d'autres femmes qui produisirent une œuvre moins conventionnelle comme Carmen de Burgos Segui (Simón Palmer, 1991, p. 130).

 

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Ce roman constitue une diatribe contre le protestantisme et se veut une réhabilitation des jésuites. Les deux frères, qui se livrent à de constantes imprécations contre les protestants: «Roberto, creo y sé que fuera de la religión católica no hay salvación; Lutero fue un soberbio, un déspota», finissent par entrer dans la Compagnie de Jésus. Ce roman est aussi l'occasion pour son auteur d'opposer le modèle de la femme chrétienne espagnole à l'image méprisable de la femme française, impie et frivole. Ce discours empreint de nationalisme est également fréquent chez Fernán Caballero qui compare les traditions du «vrai» peuple espagnol et chrétien à la corruption des français, ou des anglais. Des romans comme Clemencia (1856) en sont une excellente illustration.

 

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D'autres romans édifiants de Aurora Lista dont nous avons retrouvé la trace de l'époque et qui ne sont pas mentionnés par María del Carmen Simón Palmer dans son Manual bio-bibliográfico sont La llave del Cielo, Cristo reina, publiés en plusieurs livraisons en 1891 et 1893. Cet écrivain produisit également de nombreux récits brefs et édifiants: Las alas del ángel (1893), El abrazo del misionero (1893), La limosna del mundo (1895), La antesala del cielo (1893), La limosna del Demonio (1895), El pan de los fuentes (1893), Pecados capitales (1895), Obra providencial (1889).

 

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Susan Kirkpatrick mentionne le long silence dans lequel restèrent ces premières œuvres de Fernán Caballero. Par ailleurs elle souligne également la situation contradictoire que vécut cet écrivain en tant que femme et romancière: «En su obra, [...] defendía, en flagrante contradicción con su propio ejemplo, la doctrina de la subordinación de la mujer y su confinamiento a la esfera doméstica» (Kirkpatrick, 1989, pp. 228-230).

 

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Des revues comme La Ilustración Católica, La Ciencia Cristiana font un panégyrique exalté des vertus chrétiennes de Fernán Caballero au moment de sa mort en 1877. La plupart du temps ces publications ne s'attachent pas à analyser les qualités littéraires de son œuvre et se contentent de souligner son orthodoxie, sa dimension édifiante. La Ilustración Católica fait l'éloge du «caractère résolument moral des romans de Fernán Caballero qui a su éviter toute fioriture et tout puérilité de style» (14 avril 1880, p. 303). Quant à La Ciencia Cristiana, elle résume les caractéristiques de l'œuvre de Caballero dans les termes suivants: «Bondad suma, verdad escrupulosa, escogida belleza, [...] sencillez admirable [...], nudos simplicísimos, rara vez intrincados, inesperados desenlaces, acciones moralizadoras y morales, tipos deliciosos [...], personajes simpáticos, almas de Dios, diálogos inimitables, descripciones fotográficas, españolismo neto y religiosidad santa» (La Ciencia..., 1877, t. II, p. 333).